J'ai découvert cette ville dans une atmosphère oscillant entre fête et guerre civile durant la célébrations de Diwali, la fête des lumières ( en fait, surtout des pétards et feux d'artifices), et ai été touché par le caractère souriant, accueillant, et surtout naturel de la population. Sans doute du fait de l'absence des touristes en cette ville. L'inde authentique et puissante, enfin... "Le seul véritable voyage, le seul bain de jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux, de voir l'univers avec les yeux d'un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d'eux voit, que chacun d'eux est..." Marcel Proust, La prisonnière
aparte # 3
J'ai découvert cette ville dans une atmosphère oscillant entre fête et guerre civile durant la célébrations de Diwali, la fête des lumières ( en fait, surtout des pétards et feux d'artifices), et ai été touché par le caractère souriant, accueillant, et surtout naturel de la population. Sans doute du fait de l'absence des touristes en cette ville. L'inde authentique et puissante, enfin... Kochin
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Allepey
here & now, nowhere.
Colette Poggi, suivi d'une citation de Clément d'Alexandrie, dans sa préface du nouveau livre d'Eric Baret : Corps de Silence.
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Miam!
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Madurai-Allepey by train.
Madurai
Vers 17h, le train nous dépose enfin à la gare de Madurai, idéalement située près du centre ville. Ayant repéré un hôtel proche et, selon le guide lonely, bon marché, nous nous mettons en route... Cependant, des l’arrivée, le plan semble foireux: les grandes portes d’entrées sont surveillées par deux gardiens richement habillés, et le hall d'accueil est particulièrement classieux, choses très suspectes pour un hôtel "budget" en Inde...
Le réceptionniste confirme mes craintes, la chambre double ( que nous attentions aux environs de 600 roupies) démarre à 1400 roupies... la triple à 1800! Bon je sais que le niveau de vie augmente d’année en année en Inde, et ce à une allure exponentielle, mais tout de même!
Dépites, nous nous apprêtons à quitter les lieux lorsque trois femmes espagnoles - entre 40 et 50 ans à vue d œil- nous abordes. Visiblement elles ont assisté à notre débâcle, et souhaitent nous proposer un plan très sympathique. Venues assister à un rassemblement de Satya sai baba ( leurs vestes arboraient fièrement un portrait du célébrè Guru), elles avaient réservé une chambre pour 4 jusqu'au lendemain soir. Mais un concours de circonstance les oblige à quitter Madurai ce soir même, laissant la chambre vide mais déjà payée... Elles nous offre donc tout simplement- et gratuitement- les clés de leur chambre!
Inutile de dire que nous avons eu du mal à dissimuler notre enthousiasme, une chambre de luxe gratuite...
Mais, mais..! C’était sans compter sur la mesquinerie du réceptionniste qui était bien décidé à ne pas laisser rentrer gratuitement trois jeunes étudiants! Refusant de nous laisser la chambre sous prétexte qu elle n’était pas réservée à notre nom, il nous proposa le deal suivant: nous pouvions avoir la chambre pour cette nuit à condition de rester également la nuit suivante, nous devions donc payer une nuit sur deux.
Problème, la chambre de ces généreuses espagnoles était une suite luxueuse pour 4 personnes, coutant la jolie somme de 2400 roupie (environ 40 euros). Bon au fond j'étais très tenté, ça ne faisait jamais que 13€ par personne, et après tout c'était sans doute la seule occasion que nous aurions de dormir dans une Suite en Inde! Mais Julie, nettement moins dépensière que moi disons, n’étant pas du tout emballée par le fait de payer une telle somme. Après un long débat nous avons fini par abandonner ce plan pour partir à la recherche d'une chambre "low budget" dans un autre hôtel du quartier. Nous nous posons finalement dans un hôtel sans charme, au personnel vraiment peu accueillant, et pas très bon marché, mais Madurai est une ville assez chère visiblement...
Le soir, nous dinons dans un restaurant très chic, situé sur le toit d'un hôtel de luxe. Étonnamment les prix ne sont pas aussi excessifs que le tarif des hôtels laisserait attendre. Le repas est bon et surtout la vue sur Madurai de nuit vaut à elle seule le détour.
Le lendemain, visite de l'immense et très célèbre Sri Meenaksi temple. Encore une fois mes talents littéraires limités ne me permettront pas de rendre compte de la puissance, la splendeur qui se dégage de ce temple, mais je vais tenter un bref aperçu...
Au cœur de la ville, une gigantesque enceinte couverte de sculptures peintes de couleur fluo -très kitch, très bling bling, tres indien!- abrite un vaste ensemble de couloir et de pièce dédiées à la réalisations des cérémonies et rituels. Murs, plafond, piliers... toute la surface du temple -intérieur comme extérieur- est ornée de fresques, gravures et de sculptures. La majeure partie du temple est accessible aux grands publics, mais quelques salles toutefois restent réservées uniquement aux hindous pratiquants.
Chose qui peut paraitre assez surprenante dans un tel lieu sacré ( mais qui semble finalement assez logique suivant la culture indienne), un véritable marche de babioles, cartes postales et souvenirs -de plus ou moins bon gouts...- sont présents dans une des grandes salles du temples. Le tout relevant à mes yeux plus du gadgets moche et inutile que de la belle réplique d’antiquités, j'ai traversé cette salle en coup de vent. Enfin, aussi rapidement que me le permettait les nombreux "come in my shop just a free look" qui ne manquaient pas de me tomber dessus! Il y a tout un art de l'esquive du commerçant indien, les lunettes de soleil font partie de l'arsenal de base ( le gros casque audio doit aussi marcher je pense).
Après la visite du temples, nous faisons escale dans quelque boutiques puis nous rendons a la gare pour réserver le billet de train. Les places se révèlent vraiment peu cher, et nous pensons -très naïvement- avoir fait une bonne affaire...
Thanjavur - Madurai by train.
Après deux jours passés à Thanjavur, nous prenons un billet pour Madurai. Le train est annoncé pour 12h15, je dis bien annoncé : les horaires indiens sont toujours donnés à titre indicatif; les demi heures de retard sont très fréquentes...) Contrairement au français qui pestent des qu'un train à 5 minute de retard, les indiens se montrent d'une patience assez impressionnante, sur les quais du moins... Lorsqu'il s'agit de monter dans le train, c'est une véritable ruée vers l'or (l'or étant la place assise), et là c'est clairement chacun pour sa peau!
Mais revenons à nos moutons -de fer-. Le train arrive donc, presque à l'heure et assez chargé... Enfin, nous ne sommes pas écrases comme des sardines, mais il n'y a plus aucune places assises sur les banquettes. Qu'à cela ne tienne, alors que je m’apprête à ranger les sacs sur le porte-bagages situe au dessus des banquettes, je vois un homme allongé dessus. Visiblement les portes bagages indiens, c'est du solide! ( pour cause, ce sont des grosses barres métalliques fixées aux cloisons!). Amusé, je trouve que ce n'est finalement pas une mauvaise idée, et, avisant un autre espace libre, je grimpe sur ces sièges de fortunes, et m'y trouve finalement assez confortablement installé.
Les filles sont cependant beaucoup moins emballées par cette idée, voir même carrément sceptiques. Mais elles finiront par m'y rejoindre après avoir vu le grand nombre d'indiens assis sur ces structures... l’idée de rester debout pendant 5 heures les aura sans doute également aidée à vaincre les quelques réticences restantes! Les indiens assis sur les banquettes en dessous de nous sont visiblement assez amusés de voir des touristes perchés sur ces structures. Les filles râlent un peu pour la forme, puis, le train partant, finissent par s'assoupir.
Bon, ce n'est certes pas le mode de transport le plus confortable, mais je lui trouve un certains charme.
Durant l'escale à Trichy, le train se vide d'une grande partie des voyageurs, ce qui nous permet de descendre nous asseoir sur les banquettes. Comme à chaque escale ferroviaire, de nombreux vendeurs de nourriture, boissons et gadgets ambulant circulent dans les rames du train en criant d'une fois nasillarde le nom des produits qu'ils vendent. Très souvent résonnent le " Cay- garam, cay- coffee" ou autre " Biryani- veg biryani" ( plat populaire de riz épices avec légumes). Nous prenons chacun une barquette de Biryani ( 20 roupies l'unite, un prix correct.) Une fois le plat fini, je cherche une poubelle pour jeter la barquette, mais mes recherches resteront infructueuses, il n'y a rien de tel dans le train. J'observe les indiens pour voir comment ils font. Question naïve, bien évidement, ils jettent tous leur détritus par les fenêtres!
Le train repart, Ophelia sympathise avec ses voisins en donnant de quoi dessiner à une petite fille de 9 ans assise en face d'elle, toute de bleu et vert vêtue.
Munie d'un petit guide de voyage, elle tente de parler tamil avec son voisins, ce qui remporte un énorme succès! Tout le compartiment s'amuse de ses bafouillages, un voisin l'aide pour la prononciation de quelques phrases basiques comme "Quelle heure est il, quel est votre nom, quel âge avez vous..."
Ambiance chaleureuse et souriante dans le wagon, en y repensant, les indiens se montrent souvent très curieux et sociables, particulièrement dans les transports en commun!


